Paul s’agenouille devant le Père et prie pour les croyants. Sa demande ne porte pas d’abord sur des circonstances plus favorables : il désire que l’Esprit les fortifie et qu’ils connaissent ensemble l’amour immense du Christ.

Paul fléchit les genoux devant le Père. Sa prière s’adresse à celui dont dépend toute famille dans les cieux et sur la terre. Avant de regarder ce qui manque à l’Église, il regarde la richesse de Dieu. Il demande à partir de cette abondance, et non à partir des seules ressources qu’il peut observer.

Il prie pour une force donnée par l’Esprit dans l’être intérieur. Nous savons prendre soin d’une apparence solide, même lorsque notre cœur est fatigué. Paul demande une œuvre plus profonde. Dieu peut rejoindre nos peurs, nos motivations et les lieux où nous n’arrivons plus à nous tenir seuls.

Il demande que le Christ habite dans nos cœurs par la foi. Il ne s’agit pas d’accueillir un visiteur auquel nous réserverions seulement un espace religieux. La présence de Jésus touche le centre de notre vie : ce que nous aimons, ce que nous redoutons et la manière dont nous prenons nos décisions.

Les croyants sont enracinés et fondés dans l’amour. Paul associe l’image des racines à celle d’une fondation. Une vie qui tient a besoin de profondeur. Quand les circonstances changent, la conviction d’être aimé par le Christ peut devenir ce sol qui ne dépend pas du regard favorable des autres.

Cet amour est à comprendre avec tous les saints. Personne ne l’explore seul jusqu’au bout. Le témoignage d’un croyant d’un autre âge, d’une autre culture ou d’un autre parcours peut nous en révéler une dimension que nous n’avions pas remarquée. L’Église devient un lieu où nous apprenons ensemble la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de cet amour.

Paul demande de connaître un amour qui dépasse la connaissance. Ce n’est pas une contradiction stérile : nous pouvons connaître réellement quelqu’un sans épuiser sa profondeur. Nous découvrons l’amour de Jésus dans l’Évangile, dans sa croix et dans sa fidélité, puis nous continuons à en recevoir davantage.

La prière se termine en louange. Dieu peut agir au-delà de ce que nous demandons et concevons. Cette assurance ne garantit pas que chacun de nos projets réussira. Elle ouvre notre attente à l’œuvre de sa puissance, pour sa gloire dans l’Église et en Jésus-Christ. Aujourd’hui, nous pouvons reprendre cette prière pour une personne aimée : demander que son cœur trouve des racines dans l’amour, même si nous ne savons pas encore comment ses difficultés se résoudront.