Paul rappelle à ses lecteurs qu’ils ont été sauvés par la grâce, au moyen de la foi. Il relie immédiatement ce don à une création nouvelle en Jésus-Christ, destinée à une vie de bonnes œuvres préparées par Dieu.
La grâce vient en premier. Paul insiste : le salut est un don de Dieu, reçu par la foi, et non le résultat de nos œuvres. Cette parole nous retire une charge immense. Nous n’avons pas à construire une existence assez irréprochable pour convaincre Dieu de commencer à nous aimer.
La foi reçoit ce que Dieu donne. Elle ne constitue pas une réussite supplémentaire dont nous pourrions nous vanter. Nous pouvons croire avec une compréhension encore limitée, avec des questions et avec le besoin d’être soutenus. Le centre de notre assurance demeure Jésus-Christ, et non la qualité de la confiance que nous arrivons à mesurer en nous.
Aucune place n’est laissée à la vantardise. Cela rapproche ceux qui auraient pu se tenir à distance les uns des autres. La personne dont le parcours paraît respectable ne reçoit pas un salut plus mérité que celle dont l’histoire porte des ruptures visibles. Nous avons tous besoin du même don et du même Sauveur.
Mais Paul ne s’arrête pas au pardon. Nous sommes l’ouvrage de Dieu, créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres. La grâce fait naître une vie. Dieu ne nous accueille pas pour nous laisser indifférents à ce qui détruit les autres. Il nous recrée afin que son amour prenne une forme concrète dans notre existence.
L’ordre est essentiel : les œuvres ne produisent pas le salut ; elles en expriment le mouvement. Nous pouvons servir sans transformer le service en examen permanent. Un geste accompli par reconnaissance reste précieux même s’il ne reçoit aucun compliment. Et un échec peut être reconnu sans qu’il annule le don de Dieu.
Les bonnes œuvres sont préparées pour que nous y marchions. Il ne s’agit pas nécessairement d’une mission spectaculaire dont il faudrait découvrir le secret. Il y a déjà devant nous des besoins, des responsabilités et des personnes. Une parole juste, une aide donnée, une faute réparée ou un travail accompli avec soin peut entrer dans ce chemin.
Aujourd’hui, nous pouvons recevoir les deux mouvements de ce passage. D’abord, laisser la grâce apaiser notre besoin de nous prouver. Ensuite, regarder autour de nous pour reconnaître un bien possible. Jésus nous a accueillis avant de nous envoyer. Nous pouvons donc avancer sans chercher à acheter son amour, mais avec la joie de lui répondre par une vie qui devient, à son tour, un don pour les autres.