Après des avertissements sévères contre ce qui déforme la foi, Jude appelle les croyants à s’édifier, à prier et à demeurer dans l’amour de Dieu. Il termine par une louange à celui qui peut les garder et les présenter dans la joie.

Édifiez-vous sur votre très sainte foi. Jude ne demande pas aux croyants de vivre seulement dans la dénonciation des dangers. Il les ramène à une construction positive : approfondir la foi reçue, s’appuyer sur l’Évangile et grandir ensemble dans la confiance au Christ.

Priez par le Saint-Esprit. Notre vigilance ne suffit pas à nous maintenir debout. Nous avons besoin d’une relation vivante avec Dieu, d’une prière qui reçoit son aide et se laisse orienter par lui. Certaines journées commencent avec beaucoup de certitudes et peu de dépendance ; Jude nous invite à remettre cette dépendance au centre.

Maintenez-vous dans l’amour de Dieu, en attendant la miséricorde de Jésus-Christ pour la vie éternelle. Il ne s’agit pas de gagner cet amour par notre constance. Nous sommes appelés à demeurer dans la relation ouverte par sa grâce, au lieu de laisser nos désirs ou nos peurs nous en éloigner. L’avenir attendu est encore une miséricorde, et non un salaire dont nous pourrions exiger le paiement.

Jude parle ensuite de ceux qui hésitent ou se trouvent en danger. Il demande une compassion qui prend leur situation au sérieux. Une personne traversée de questions n’a pas nécessairement besoin d’un verdict immédiat sur sa foi. Elle peut avoir besoin d’être écoutée, accompagnée et ramenée patiemment vers la vérité.

D’autres situations demandent une intervention plus urgente. L’image du feu rappelle qu’une vie peut être réellement menacée. Mais même ce secours demeure lié à la miséricorde. Aider ne consiste pas à savourer notre position de personne lucide devant celui qui s’est perdu. Nous restons nous-mêmes des êtres dépendants de la grâce.

La compassion s’accompagne aussi de discernement. Nous pouvons rejoindre quelqu’un sans participer à ce qui le détruit. Une limite protège parfois la possibilité d’aider. L’amour ne nous demande pas de confondre la personne avec sa faute, ni de nous rendre complices de cette faute pour lui prouver notre proximité.

La lettre s’achève en regardant Dieu : il peut nous préserver de la chute et nous présenter devant sa gloire, sans défaut et dans une grande joie. Notre fidélité a un appui plus profond qu’elle-même. Aujourd’hui, nous pouvons reprendre une habitude qui nourrit la foi et tendre la main à une personne qui hésite. Nous faisons ces gestes sous la garde du Seigneur, avec l’espérance qu’il nous conduira jusqu’à la joie de sa présence.