Paul relie les conseils pratiques adressés à Tite à l’apparition de la grâce de Dieu. Cette grâce ouvre le salut et forme un peuple qui apprend à renoncer au mal, à vivre avec justice et à attendre son Seigneur.

La grâce de Dieu est apparue, apportant le salut à tous les hommes. Paul regarde la venue de Jésus comme une manifestation de la bonté divine. Le salut n’est pas réservé à une catégorie sociale, à une génération ou à ceux qui possèdent déjà une vie respectable. L’Évangile s’adresse largement à ceux qui ont besoin d’être sauvés.

Cette grâce nous enseigne. Nous la réduisons parfois à une indulgence qui laisserait tout inchangé. Paul décrit une présence qui forme notre existence. Être accueilli par Dieu ouvre un apprentissage : reconnaître ce qui nous éloigne de lui et découvrir une manière plus juste d’habiter le monde.

Il faut renoncer à l’impiété et aux désirs du monde. Ce renoncement ne vise pas toute joie terrestre. Il concerne ce qui organise notre vie sans Dieu et ce qui nous enferme dans des convoitises. La grâce peut nous apprendre à dire non à une envie pourtant familière, parce qu’elle nous fait recevoir un bien plus profond.

Paul parle d’une vie sobre, juste et fidèle à Dieu dans le temps présent. La sobriété concerne notre conduite ; la justice rejoint nos relations ; la fidélité garde notre orientation vers le Seigneur. La vie chrétienne ne se limite donc ni à un sentiment intérieur ni à une attente de l’avenir. Elle transforme la manière de travailler, de parler et de traiter les personnes aujourd’hui.

Nous attendons pourtant une espérance heureuse : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Cette attente ne nous retire pas du présent. Elle nous permet de ne pas exiger de lui une plénitude qu’il ne peut encore donner. Nous pouvons accomplir le bien sans croire que toute l’histoire dépend du résultat immédiat de notre travail.

Jésus s’est donné pour nous afin de nous racheter de l’injustice et de purifier un peuple qui lui appartienne, attaché aux bonnes œuvres. Il ne nous forme pas à distance, par une simple série d’ordres. Il a engagé sa propre vie dans notre délivrance. Le désir du bien grandit en réponse à cet amour.

Aujourd’hui, nous pouvons nommer une chose à quitter et une chose à apprendre. Peut-être renoncer à une parole mensongère et reprendre une conversation vraie ; peut-être limiter une consommation et partager davantage. La grâce n’exige pas de réussir seuls notre transformation. Elle nous met en marche avec Jésus, dans la patience d’un apprentissage qui trouve son appui dans son don et son avenir.