Après avoir longuement présenté les compassions de Dieu, Paul appelle les croyants à lui offrir leur vie. Cette réponse prend corps dans les gestes ordinaires et dans une pensée qui apprend à discerner sa volonté.

Paul commence son appel par les compassions de Dieu. Il ne demande pas à ses lecteurs de mériter une grâce encore incertaine. Il les invite à répondre à une miséricorde déjà annoncée. Ce point de départ change tout : l’obéissance chrétienne grandit dans la reconnaissance envers celui qui nous a accueillis.

Il demande d’offrir nos corps comme un sacrifice vivant. Notre corps n’est pas une enveloppe sans importance autour d’une vie spirituelle intérieure. C’est par lui que nous travaillons, que nous écoutons, que nous prenons soin et que nous rencontrons les autres. Offrir sa vie à Dieu concerne donc nos horaires, notre fatigue, notre parole et l’usage de nos forces.

Le sacrifice est vivant. Nous ne nous offrons pas pour disparaître, ni pour nous détruire dans un service sans limites. La miséricorde de Dieu appelle une existence disponible, avec ses besoins et ses responsabilités. Se reposer, respecter une limite ou prendre soin de sa santé peut faire partie de cette disponibilité lorsque cela permet de servir avec vérité.

Paul invite ensuite à ne pas se conformer au monde présent. Il ne s’agit pas de rejeter systématiquement tout ce qui nous entoure. Il s’agit de reconnaître les modèles qui nous façonnent sans que nous y pensions : devoir être admiré, posséder davantage, répondre immédiatement, écraser un concurrent ou faire de notre réussite la mesure de notre valeur.

Le renouvellement de l’intelligence ouvre un autre chemin. Dieu ne nous demande pas d’éteindre notre pensée. Il nous apprend à penser autrement, éclairés par sa parole et par l’œuvre de Jésus. Ce renouvellement prend du temps. Certaines habitudes de jugement se défont lentement, au contact de l’Écriture, de la prière et de personnes qui nous aident à voir plus juste.

Ainsi devient possible le discernement de sa volonté. Nous voudrions parfois recevoir une réponse précise sans laisser nos motivations être interrogées. Paul relie au contraire le discernement à une vie offerte et à une pensée transformée. La question devient : quel choix exprime ici la confiance, la justice et l’amour que j’ai reçus de Dieu ?

Aujourd’hui, il n’est pas nécessaire d’attendre une décision exceptionnelle. Un message à écrire, une dépense à faire, une tâche à accomplir ou une conversation à reprendre peut devenir le lieu de ce culte. Nous pouvons offrir ce geste au Seigneur et lui demander de renouveler le regard avec lequel nous allons le poser.