Après avoir expliqué la justification par la foi, Paul décrit ce qu’elle ouvre : la paix avec Dieu, l’accès à sa grâce et l’espérance de sa gloire. Cette assurance rejoint même les jours où la souffrance met notre foi à l’épreuve.
Nous cherchons souvent la paix lorsque tout est enfin réglé : les dossiers terminés, les relations apaisées, les inquiétudes éloignées. Paul parle d’une paix plus profonde, reçue alors même que beaucoup de choses restent difficiles. Justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par Jésus-Christ.
Cette paix ne dépend pas de notre capacité à ressentir une sérénité constante. Elle désigne une relation réconciliée. Par Jésus, nous ne sommes plus devant Dieu comme des personnes qui devraient négocier chaque jour leur droit d’être accueillies. Nous avons accès à sa grâce et nous y tenons, même lorsque nos émotions vacillent.
De là vient l’espérance de partager la gloire de Dieu. Notre avenir ne se réduit pas à ce que nous pouvons réussir ou préserver maintenant. Dieu prépare une vie que nos limites présentes ne peuvent mesurer. Cette promesse ne nous rend pas indifférents au monde ; elle nous donne une raison de l’habiter sans lui demander notre salut.
Paul va plus loin en parlant des détresses. Ses mots peuvent surprendre, surtout lorsque nous traversons une douleur qui ne produit aucun sentiment de victoire. Il ne dit pas que souffrir serait bon en soi. Il ne demande pas d’appeler une injustice une bénédiction. Il décrit ce que Dieu peut faire au milieu de l’épreuve : susciter la persévérance, éprouver la fidélité et affermir l’espérance.
Ce chemin n’est pas une mécanique automatique. La douleur peut aussi épuiser, isoler et désorienter. Nous avons besoin de soutien, de vérité et parfois de longues périodes de repos. Persévérer peut simplement consister à ne pas rompre tout lien avec Dieu, à lui dire notre fatigue et à accepter la présence d’un frère ou d’une sœur.
Pourquoi cette espérance ne nous laissera-t-elle pas finalement dans la honte ? Parce que l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit. Son fondement n’est pas la force de notre optimisme. Dieu nous fait connaître son amour, déjà manifesté en Jésus, et nous accompagne de sa présence.
Aujourd’hui, nous pouvons distinguer ce que nous ressentons de ce qui nous est promis. La peur peut être forte sans devenir notre dernier mot. Nous pouvons présenter au Seigneur une épreuve précise et lui demander la fidélité nécessaire pour ce jour. La paix reçue en Christ demeure le sol sur lequel notre espérance apprend à se tenir.