Paul présente la grandeur de Jésus-Christ pour affermir la confiance des Colossiens. Il relie sa place dans la création, sa primauté dans l’Église et l’œuvre de réconciliation accomplie par le sang de sa croix.
Le Christ est l’image du Dieu invisible. Nous ne sommes pas laissés à nos suppositions sur le caractère de Dieu. En Jésus, sa bonté et sa sainteté deviennent connaissables. Regarder la vie du Fils, écouter sa parole et contempler sa croix nous apprend qui est celui auquel nous nous adressons.
Paul le présente comme le premier-né de toute la création. Le passage précise aussitôt que toutes choses ont été créées en lui, par lui et pour lui. Ce titre exprime donc sa primauté ; il ne le range pas simplement parmi les êtres créés. Les réalités visibles et invisibles trouvent en lui leur origine et leur destination.
Cela déplace notre regard sur le monde. La création n’est pas un décor sans valeur autour de notre vie spirituelle. Elle appartient au Christ. Le travail, la matière, les relations et la beauté peuvent être reçus avec gratitude et responsabilité. Rien de ce qui existe ne constitue un domaine où Jésus serait, par principe, sans autorité.
Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. Cette affirmation ne donne pas une explication immédiate à chaque événement. Elle nous assure que la réalité n’échappe pas à sa présence. Lorsque nous avons l’impression de tenir seuls les morceaux de notre vie, nous pouvons nous souvenir que notre existence reçoit sa cohérence d’un Seigneur plus grand que nos capacités.
Le Christ est aussi la tête du corps, l’Église. Une communauté chrétienne ne trouve pas son centre dans son responsable, son histoire ou ses habitudes. Elle vit de Jésus. Nos talents et nos structures deviennent utiles lorsqu’ils servent cette dépendance commune, au lieu de prétendre remplacer sa présence.
Il est le commencement, le premier-né d’entre les morts. Sa résurrection ouvre un avenir que la mort ne peut refermer. Mais cette grandeur ne contourne pas la croix. Dieu a voulu réconcilier par lui toutes choses, en faisant la paix par son sang. Le Seigneur de la création est celui qui s’est livré pour des êtres qui avaient besoin de pardon.
Aujourd’hui, nous pouvons remettre à Jésus une partie de notre vie que nous avions tenue à distance : un travail, une relation, une peur de l’avenir. Sa primauté n’écrase pas notre existence ; elle lui donne son orientation. Celui qui tient toutes choses ensemble nous appelle à recevoir sa paix, à vivre sous son autorité et à prendre soin du monde qui lui appartient.